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FIN DE LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE DIRECTOIRE,CONSULAT (1er JIIN 1795 – 2 DECEMBRE 1804). Division entre Jacobins et modérés. Insubordination de la garde
nationale. Rixe au bal Noguier. Quelques prêtres reprennent
l’exercice de leur ministère. Troubles causés par les déserteurs.
Insultes à l’adjoint. Menaces au maître de poste Ganibeng. Fête de
la jeunesse (germinal 1799). Placards apposés chez Martel, chez Lebon
et chez le commandant de la garde nationale. Hostilité des Jacobins
contre la municipalité. Troubles. Fêtes de l’Agriculture et de la
Proclamation de la Paix (janvier 1799). On porte en ville le costume
« à la victime ». Babriac, agent municipal, proteste contre
ce genre de manifestation. Attentats conte Bompaire, contre Rivez et
contre Théron. Fête de la souveraineté du peuple. Coup d’Etat du 18
brumaire. Fête de souveraineté du peuple (25 février 1800). Reprise
de l’activité industrielle et commerciale (1801). Rolland est arraché
de la prison du clocher par les Jacobins. Troubles réprimés.
Proclamation de Jourfier annonçant que Bonaparte est nommé consul à
vie (15 août 1802). Reprise des services religieux dans la commune.
Conscription. Proclamation de l’Empire (2 décembre 1804).
Dès le mois de juin 1795 Jacques Cère et Ginieys furent dénoncés
comme révolutionnaires, auteurs ou complices de crimes punis par la loi
du 20 floréal. On renonça cependant à les arrêter. Au 1er messidor, le Conseil envoya une députation au district
pour affirmer la joie de la commune de Bédarieux à la nouvelle de la
victoire de la Convention sur les Faubourgs. Malgré les opinions de ses chefs, la garde nationale restait en majorité
jacobine et se relachait de plus en plus de son service. Bien qu’on eût
réduit de vingt à douze le nombre des gardes de nuit, son mécontentement
augmenta encore en septembre, lorsqu’une décision versa deux
compagnies de marche dans le 1er bataillon de 2è réquisition
de la Haute-Garonne. En décembre, un assassinat ayant été commis dans
un bal, à l’auberge Noguier, le Conseil ne put parvenir à former des
patrouilles pour rechercher les déserteurs que l’on soupçonnait être
les auteurs de la rixe, ni pour disperser les rassemblements qui
troublaient l’ordre public. En raison des mêmes discordes politiques,
Lauras, secrétaire de la mairie et Seguy, son adjoint, démissionnèrent
en novembre sous le prétexte que leurs traitements étaient
insuffisants. En 1795, le Conseil général de la commune accorda un certificat de
civisme à Louis Annibal Escalle, adjudant général, chef d’état-major
de la division du centre à l’armée d’Italie ; il convoqua les
hommes désignés pour faire partie des colonnes mobiles qui allaient opérer
dans l’Aveyron et la Lozère ; il demanda le 18 thermidor que
seize fabricants de draps et vingt et un fabricants de bas soient exemptés
du service militaire. Parmi les fabricants de draps désignés on relève
les noms de : Mathieur Vernazobres, Jean Martel, Jacques Martel,
François Cère, Alexandre Vernazobres, Louis Cère, etc… ; parmi
les fabricants de bas : Caumette, Archimbaud, Jourfier, Flammen
François, Escalle, Combescure, Ricateau, etc… Ce même Conseil
convoqua le 18 fructidor les assemblées primaires pour accepter la
Constitution. En raison de l’apaisement, des émigrés et quelques prêtres
reparurent dans le pays cette même année 1795. Le 4 vendémiaire,
Etienne Belous, prêtre natif de Bédarieux, requit le Conseil de
prendre acte de la déclaration suivante : « Je me propose
d’exercer le ministère d’un culte connu sous la dénomination de
religion catholique, apostolique et romaine, dans l’étendue de la
commune, autant que mes infirmités pourront me le permettre. Je
reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain
et je promets soumission et obéissance aux loix de la République ». Quelques jours plus tard deux autres prêtres, Félix Ginieis et François
Mas, suivirent cet exemple. En novembre, Charles Martel qui venait d’être nommé Président de
l’Administration communale, recevait une réquisition du ministère de
la guerre d’avoir à fabriquer des draps pour l’armée. En 1796, les troubles continuèrent. Les agents municipaux eurent fort à
faire pour contenir les sentiments révolutionnaires d’un certain
nombre d’habitants et l’agitation causée par de nombreux déserteurs.
Au mois de février, l’adjoint au maire ne put trouver main-forte pour
arrêter une farandole conduite par des violons et composée de jeunes
gens masqués en femmes. L’adjoint, qui avait reconnu plusieurs déserteurs
parmi ces jeunes gens, fut obligé de se retirer à la mairie. A
quelques jours de là, le même adjoint fut grossièrement insulté par
le brigadier de gendarmerie qui avait été excité contre lui par
divers citoyens. Le brigadier usa même à l’égard de l’officier
municipal d’une réponse que le général Cambronne devait plus tard
rendre héroïque. Le maître de Poste, Ganibenq, trouva un matin, dans la boîte à
lettres, une montre en argent et un billet que nous reproduisons intégralement
et qui se trouve encore aux archives : « Nous somes a 4 qui
nous t’avons porté la montre dans ton trou du quourrié que nous
avons équousté sielle tembet afons que nous liavons entendu tombe si
tu ne la remet pas tout de suite tu seras sur de ton fait que nous
tarangerons d’une belle magnière » (la maison de ce Ganibenq était
située sur la place Cot actuelle et donnait aussi sur la rue Cère –
rue Phalippou aujourd’hui – compoix de 1788). Les auteurs de ce
billet ne purent être découverts. Le 25 ventose, grâce à diverses connivences, un nommé Cauvy, déserteur,
qui se trouvait dans la prison du clocher parvint à s’évader par la
cheminée et ne put être retrouvé. Le 25 germinal, eut lieu la fête de la jeunesse. Banquets fraternels,
chants patriotiques, lecture des lois nouvelles au temple décadaire, le
programme est toujours le même. Les vieillards des deux sexes et
« ceux qui avaient reçu des blessures honorables », furent
invités à se joindre au cortège. A 8 heures du matin les jeunes gens
de seize ans, en armes, écoutèrent la lecture des lois sur la place de
la Révolution (place Cot). Dans les années qui suivirent, les troubles locaux dirigés par les révolutionnaires
contre la municipalité se renouvelèrent et l’insubordination de la
garde nationale ne fit qu’augmenter. En mai 1798, eurent lieu des
manifestations dans les rues, aux cris de : « Vive les
Jacobins ! La cabale
tombera ! Martel et Lebon sautera, (sic) » (Martel était Président
de l’Administration municipale et Lebon, agent municipal). Une nuit
trois placards furent affichés en ville ; deux placards apposés
sur les portes du Juge de paix et de l’adjoint Lebon, portaient ce
simple mot : « guillotine » ; le troisième fut
trouvé sur la porte du commandant de la garde nationale, place du Marché.
Ce dernier était ainsi libellé : « Vile les Jacobins qui
triompheront et dans peu, des têtes tomberont. I.M.7.L.9.C.3 »
(initiales de Martel, de Lebon et du Commandant, intercalées de
chiffres formant le millésime de l’année 1793). (Le 1er
novembre 1798 fut installé à Bédarieux le bureau de l’Enregistrement). En juin 1798, pour la célébration de la fête de l’agriculture, la
garde nationale ne répondit pas à la convocation. L’officier
municipal accompagné du greffier, du précon et de quelques citoyens se
rendit au pied de l’arbre de la liberté avec ce mince cortège et la
fête fut remise. Le même mois plusieurs jeunes gens, parmi lesquels
Guibert fils, François Cère fils, Philip fils, ayant été l’objet
de procès-verbaux pour jet de fusées et de serpenteaux sur la voie
publique, suivirent jusqu’à la commune l’adjoint qui avait verbalisé
et jetèrent des fusées dans l’intérieur de la mairie. En messidor,
le Conseil essaya de former avec la garde nationale une compagnie de
marche de 64 hommes, pour plier un peu cette troupe à la discipline,
surveiller les propriétés et les menées « des royalistes et des
anarchistes ». Mais il fallut y renoncer car l’insubordination
était complète. Le jour de la foire du 14 messidor, les hommes de
garde refusèrent absolument de se rendre à l’appel. La fête de l’agriculture, qui avait été remise faute de célébrants,
eut lieu pourtant en thermidor. Mais elle fut encore troublée. Quelques
citoyens tinrent à voix haute pendant toute la cérémonie des propos
injurieux contre les divers orateurs officiels. Une autre fête, plus réussie
cette fois eut lieu le 2 pluviose an VII (janvier 1799), pour célébrer
la « juste punition du dernier roi des Français » et la
proclamation de la paix continentale. Le traditionnel cortège se rendit
de la place de la Révolution à la place de la Liberté « au son
bruyant de l’airain et des boettes ». L’agent municipal,
Gabriac, avait publié à cette occasion un chaleureux appel aux
sentiments républicains et patriotiques de ses concitoyens :
« Aussitôt que les sombres voiles de la nuit couvriront la
surface terrestre nous invitons tous les musiciens de célébrer par une
musique guerrière cette belle journée où les transports de
l’ivresse républicaine doivent briller sur tous les fronts et être
les garants de la victoire remportée sur la tirannie… Français après
tant de sacrifices de combats et de sang répandu ne soyez pas rebelle
à la voix de cette mère si tendre (la République), venés tous sous
l’olive d’une paix heureuse… que la loi seule soit notre boussole
et la République le vaisseau qui doit nous sauver du naufrage ». Si le Conseil général de la commune continuait à être en butte aux
attaques des révolutionnaires, s’il était fort occupé à la répression
des attentats sur les personnes, comme nous le verrons plus loin, il
devait également surveiller la réaction royaliste. Depuis l’année
1795, les agitateurs royalistes, la jeunesse dorée, les factieux de
divers partis avaient adopté le costume à la victime. « Au lieu
de la carmagnole des jacobins ils portaient l’habit carré et décolleté ;
des souliers très couverts, les cheveux pendant sur le côté retroussés
par derrière avec des tresses appelées cadenettes ; ils étaient
armés de bâtons courts et plombés en forme d’assomoirs ». Plusieurs habitants de Bédarieux ayant revêtu cet habit, l’agent
municipal fit publier et afficher un appel dont nous extrayons les
passages qui suivent : « C’est avec la plus profonde douleur que j’ai vu manifester
dans cette commune des mouvements relatifs à tel ou tel genre de
costume. Et mon cœur paternel se hâte de prévenir par un acte
salutaire les suites qui pourraient en résulter. Quel aveuglement ou
quelle manie pourrait vous porter à conserver un tel costume, ô vous,
pour qui cette affectation ne peut être que l’effet de l’usage
d’un jour, quand vous saurez que les égorgeurs de la République, les
compagnons de Jesus et du Soleil, les dignes sicaires des prétendants
de Blakaubourg (le prince de Cobour ?), s’en faisaient un point
de ralliement, que nos braves défenseurs de la patrie, les républicains
étaient proscrits et assassinés par des hommes en pareil costume ?… ». L’appel se terminait par une défense de porter dans la commune une
semblable tenue. Comme il a été dit plus haut, le Conseil général de la commune fut
fort occupé en 1799 par les troubles continuels soulevés par les
divers partis politiques, troubles qui provoquèrent plusieurs attentats
contre les personnes. Le 25 pluviose (février), Joseph Bompaire,
porteur du courrier, reçut, en entrant dans sa chambre, un coup de
pistolet qui l’atteignit au ventre. Sur les indications fournies par
plusieurs citoyens, l’agent municipal accompagné d’un piquet fourni
par la 41è demi brigade (divers détachements de troupe de ligne tirés
des 41è et 74è demi brigades et des hussards vinrent successivement de
1799 à 1802 assurer l’ordre à Bédarieux) se rendit chez Rolland aîné,
officier de santé et perquisitionna en vain. Rolland cadet soupçonné
d’être l’auteur de cet attentat ne fut arrêté que beaucoup plus
tard et seulement pour sa conduite révolutionnaire ; il ne put
jamais être convaincu d’avoir tiré sur Bompaire. Le 25 floréal (mai 1799) à 10 heures du soir, Jean-François Rivez,
accompagné de Rolland et de la domestique de Flammen, sortait de chez
ce dernier et suivait la Grand’Rue pour rentrer chez lui, quand il fut
assailli par une grêle de coups de pierres. Devant cette agression
inattendue, Rivez s’enfuit vers la maison ; un coup de fusil, qui
ne l’atteignit pas, lui fut tiré au moment où il franchissait le
seuil de sa prote. Les auteurs de cet attentat ne purent être découverts. Le 19 fructidor (septembre 1799) à 6 heures du soir, Théron, notaire,
revenant à cheval de la Liquière, fut arrêté au sommet du col de
Bouys, sur la route de Béziers, par un individu qui le suivait depuis
le pont des Arenasses. Cet inconnu, qui était armé d’un fusil et
d’un pistolet, refusa l’argent et la montre qui lui étaient offerts
et tira sur Théron deux coups de pistolet qui ratèrent. Une lutte
s’engagea ; Théron, qui avait pu rester en selle, parvint à se
dégager et à lancer son cheval au galop. Mais son agresseur, ayant
rapidement saisi le fusil put encore faire feu sur lui. Atteint d’une
balle à la cuisse, le notaire arriva cependant jusqu’à la papeterie
vieille où il reçut les premiers soins. Pas plus que pour les précédents
attentats, on ne put découvrir l’auteur de celui-ci. Un nommé Milhau, soupçonné d’être au moins complice des fauteurs de
troubles, fut arrêté mais parvint à s’évader. Le 10 ventose de la même année 1799, eut lieu la fête de la
Souveraineté du peuple. Le cortège officiel, escorté d’un détachement
de la 41è demi brigade, était augmenté cette fois d’un groupe de
vingt-deux vieillards qui représentaient le peuple. Ces vieillards
arrivés sur la place de la Liberté se placèrent devant l’autel de
la Patrie, au pied de l’arbre de la Liberté. Un des leurs harangua
les magistrats, leur rappelant qu’ils n’étaient que dépositaires
momentanés de l’autorité du peuple. Les magistrats répondirent
comme il convenait et le cortège retourna à la commune. Un banquet qui
réunit plus de deux cent citoyens eut lieu à midi. On but à la République,
à la Fraternité, aux Héros Italiques et à la fin du banquet une
farandole montre courut les rues de la ville ; la danse des
treilles fut ensuite exécutée. Le soir un feu d’artifice fut tiré
sur la place de la Liberté. Le coup d’état du 18 brumaire (9 novembre 1799) ne paraît pas avoir
causé une grande émotion à Bédarieux. Comme sur tous les points du
territoire, Bonaparte eut pour lui dans la commune, les autorités et la
majeure partie de la population. A partir de cette date, peut-être à
cause de la force prise par les principes d’autorité et de la vigueur
des décisions arrêtées par le gouvernement, les troubles devirent
moins fréquents et le calme commença à renaître dans la ville. Le 5 ventose, an VIII (25 février 1800), fut célébrée, dans la plus
grande tranquillité, la fête de la souveraineté du peuple. Le cortège
habituel se rendit au Temple décadaire, par la rue des Nouvelles (rue
St-Alexandre), la rue de la liberté (rue de la République) et les
remparts (Rampe de Vèbre). Dans l’après-midi les autorités se
rendirent sur la Perspective où devait avoir lieu une course à pied
entre jeunes gens de quinze à vingt ans. Dans le 1er groupe
(cinq coureurs) le jeune Belugou arriva premier et reçut un sabre pour
prix ; dans le 2è groupe (quatre coureurs) le jeune Auguste Martel
arriva premier et reçut en prix un panache aux trois couleursssss. Les jeunes vainqueurs suivis des autorités, d’un piquet de la 74è
demi brigade et d’une musique se rendirent à la commune et de là au
domicile des parents. Bonaparte, 1er consul, ayant terminé les guerres avec l’Autriche,
par la paix de 1801, s’efforça de rétablir la prospérité
commerciale et industrielle du pays. A Bédarieux, quelques usines se
rouvrirent et le travail augmenta dans les autres. La Révolution, qui
avait bouleversé de fond en comble l’ancienne société, « avait
créé une immense activité qui, le calme revenant, commença à se
porter vers l’industrie et l’agriculture. Une partie de la
population quitta les clubs et les places publiques pour les ateliers et
les champs ». Le Conseil général de la communauté décida, cette même année 1801,
de demander l’achèvement ou le perfectionnement des chemins de Lodève
à Bédarieux et de Pézénas à St-Pons par Hérépian ; les
emplacements des marchés furent modifiés et le marché aux grains fut
transféré sur la place de la Liberté ; des patrouilles furent
organisées pour assurer l’ordre sur les routes et permettre aux
voyageurs de se rendre sans risques aux foires de Beaucaire. Les marques des draps ayant été supprimées par la Révolution, un
industriel plus avisé que les autres, s’empara d’une ancienne
marque portant les armes de Bédarieux et continua à expédier ses
marchandises revêtues de cette estampille. Dès que les relations de
commerce furent reprises avec l’Orient, pays dans lequel la marque de
Bédarieux était connue et estimée, les draps de ce fabricant furent
achetés de préférence aux autres, ce qui fit réaliser au vendeur de
sérieux bénéfices. Les derniers troubles de la période révolutionnaire eurent lieu à Bédarieux
le soir de la fête célébrée pour l’anniversaire du 18 brumaire (9
novembre 1801) (au cortège de cette fête figuraient des hussards et
des grenadiers de la 74è demi brigade). Les gendarmes ayant arrêté
Rolland Cadet et l’ayant mené à la prison du clocher, plusieurs
centaines de personnes se portèrent vers l’Eglise Saint-Alexandre.
Tandis que l’agent municipal et les gendarmes essayaient de défendre
la porte d’entrée du clocher, quelques citoyens ayant enfoncé une
porte de l’église à coups de hache, pénétrèrent par là dans la
prison et délivrèrent Rolland. Les jours suivants les troubles recommencèrent : des gens masqués
insultèrent et menacèrent plusieurs habitants, le tambour de retraite
fut assailli un soir à coups de pierres. Mais ces mouvements furent
cette fois vigoureusement réprimés ; Le 26 du même mois de
novembre, le lieutenant de gendarmerie de Lodève arriva avec des
troupes à pied et à cheval. La circulation des gens masqués et les
attroupements de plus de trois personnes furent interdits, une enquête
sévère fut faite sur les évènements du 18 brumaire et une quinzaine
de personnes furent arrêtées et emmenées hors de Bédarieux. Suivant l’exemple des prêtres catholiques, Jean Soutoul prêta serment
le 24 brumaire et déclara vouloir exercer dans la commune le ministère
du culte protestant. Le 2 prairial en X (mai 1802) les foires furent rétablies officiellement
et leurs dates fixées à peu près comme autrefois : 2 mai,
premier lundi d’août, 22 septembre, 2 novembre et 22 décembre ;
le marché du lundi fut également maintenu. Voici en quels termes la ville de Bédarieux apprit, le 15 août 1802,
que le 1er consul Bonaparte était nommé consul à vie : « 27 thermidor, de l’an X de la République, une et indivisible,
moi, Louis Jourfier, adjoint du maire de Bédarieux, ayant reçu le
paquet de la poste à 4 heures du soir, dans lequel il y avait le
senatus-consulte du 14 thermidor qui reconnaît et proclame Napoléon
Bonaparte 1er consul à vie et l’arrêté du préfet, ai de
suite, accompagné de la gendarmerie et de la garde nationale, publié
le susdit senatus-consulte, l’arrêté du préfet et celui que nous
avons pris ci-joint… Considérant que ce jour est à la fois l’anniversaire de la naissance
du 1er consul, le jour de la signature du Concordat et l’époque
où e peuple Français a lié la durée de son bonheur à celle de la
glorieuse carrière de Napoléon Bonaparte. Arrête : article 1er : La fête de ce jour sera annoncée au son des cloches et tous les
citoyens sont invités à y donner tout l’éclat et la pompe dont elle
et susceptible en se livrant à tous les divertissements qui peuvent
rendre sa célébration plus brillante. Article 2 : Tous les citoyens sont tenus d’illuminer, ce soir, leurs fenêtres à
l’entrée de la nuit, sous peine d’être dénoncés comme rebelles
à l’autorité ». Les services religieux ayant été rétablis par Napoléon Bonaparte,
pendant le même mois d’août 1802, le Conseil décida sur
l’invitation du préfet, qu’un Te Deum serait chanté dans toutes
les églises de la commune, qu’un adjoint assisterait à ce chant
« dans l’église des catholiques » et que l’on donnerait
à cette cérémonie religieuse toute la solennité dont elle serait
susceptible. La conscription ayant été établie, nous voyons en 1802 pour la première
fois la commune dresser la liste des jeunes gens et faire procéder au
tirage au sort des conscrits de l’an XI. La Révolution touchait à sa fin. Le calme revint à Bédarieux et avec
lui le travail qui avait été si abandonné depuis dix ans. Les fêtes
qui eurent lieu en 1804, à l’occasion de la proclamation de l’Empire
et du couronnement de l’Empereur, furent, quant au programme, très
peu différentes de celles de la Révolution, mais quels changements
dans les discours ! « Il faut voir dans les discours de cette
époque le prodigieux changement qui s’était opéré dans les idées
et dans le langage… Les Français se jetaient dans l’Empire comme
ils s’étaient jetés dans la Révolution ». |